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Ahmadou Sehou : le doctorat Honoris Causa n’a pas les mêmes exigences que le doctorat académique

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enseignant à l’université de Maroua.

Propos recueillis par Nadine Ndjomo

Le 28 novembre dernier, Djaili Amadou Amal a reçu les insignes d’Honoris Causa à la Sorbonne en France. Avant, il y a eu plusieurs autres personnalités comme Samuel Eto’o. Didier Drogba. A quoi renvoie l’insigne d’Honoris causa ?

Permettez-nous d’exprimer toutes nos félicitations à notre compatriote Djaili Amadou Amal qui vient de recevoir le doctorat Honoris Causa de la Sorbonne. Comme vous le relevez plusieurs autres personnalités l’ont reçu avant elle et l’université de Yaoundé a eu à en décerner également. Le doctorat Honoris Causa est avant tout un diplôme honorifique « pour l’honneur » décerné par une institution universitaire. C’est un moyen de reconnaitre, d’honorer et de valoriser la contribution exceptionnelle de la personnalité qui reçoit cette distinction, dans un domaine spécifique ou pour la société en général. Le récipiendaire est ainsi exempté des exigences habituelles pour l’obtention d’un doctorat académique, telles que l’inscription, la fréquentation, les crédits de cours, une thèse et la réussite d’examens de synthèse. C’est pourquoi il ne lui est pas permis d’arborer le titre de docteur ou de le faire figurer avant son nom. Il bénéficie néanmoins des attributs honorifiques comme la toge et parfois la capuche qui va avec, conformément aux traditions propres à chaque institution.

Quelles sont les conditions à remplir pour en bénéficier ?

Au regard de la volonté d’honorer une personnalité, chaque institution définit ses propres critères d’attribution. En France par exemple le titre de docteur Honoris Causa est l’une des plus prestigieuses distinctions décernées à des personnalités de nationalité étrangère « en raison de services éminents rendus aux sciences, aux lettres ou aux arts, à la France ou à l’université ». Le choix des docteurs honoris causa est généralement confié à un comité, comprenant les membres les plus éminents du corps professoral de l’université et de son administration. Cela signifie qu’ils examinent de fond en comble la candidature soumise et évaluent sa pertinence en termes d’honorabilité. Ce titre est décerné par une université pour souligner l’œuvre d’une personnalité et son implication dans une communauté. Il permet également d’octroyer une visibilité à l’université qui décerne la distinction. Dans certains pays c’est une façon d’encourager la participation du docteur honoris causa au financement de cette dernière. Dans tous les cas il y a une évaluation des gains pour l’institution à associer son image au récipiendaire. C’est pourquoi il peut arriver des cas de retrait du doctorat honoris causa si le récipiendaire ne remplit plus les conditions d’honorabilité.

Toutes les universités sont-elles habilitées à la décerner ?

En principe, toutes les universités peuvent accorder cette distinction. Toutefois il y a des limitations en fonction des règlementations internes ou nationales. Il existe tout autant des institutions qui n’accordent pas de doctorat honoris causa. Plusieurs universités américaines ne décernent pas de diplômes honorifiques par principe : c’est le cas par exemple de l’université de Virginie, fondée en 1819 par Thomas Jefferson, probablement la première université américaine à avoir explicitement pour politique de ne pas décerner de diplômes honorifiques à la demande de son fondateur, c’est le cas aussi du Massachusetts Institute of Technology (MIT), de Cornell University, de Stanford University ou de Rice University.

Les personnalités qui bénéficient de cette « reconnaissance », ont-elles des avantages autres que la gloire ?

Comme son nom l’indique, c’est une distinction honorifique adossée sur le prestige et la renommée du bénéficiaire. Les bénéficiaires à ce stade n’attendent pas d’avantages autres que cette très haute reconnaissance ! Les institutions qui décernent ces distinctions peuvent viser en retour une meilleure visibilité et parfois une plus grande mobilisation de ressources pour leur développement. C’est parfois aussi une façon de soutenir les valeurs morales ou éthiques incarnées par les récipiendaires.

Quid des pays d’origine de ces derniers ?

Les pays d’origine des récipiendaires des doctorats honoris causa peuvent se trouver honorés à travers cette haute marque d’estime et de notoriété accordée à leurs ressortissants. Ils peuvent tout aussi se trouver embarrassés ou interpellés, si les personnalités distinguées incarnent des valeurs ou des combats que ces pays ne partagent pas ou ne soutiennent pas. Tout dépend de la qualité des personnalités distinguées, des valeurs ou des combats qu’elles incarnent et de la nature de leurs rapports avec leurs pays d’origine.

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