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Cameroun: La force des collèges catholiques

 Depuis toujours, ils sont les meilleurs, ceci grâce à certains éléments que les autres établissements n’appliquent presque pas.

Par Nadine Ndjomo

Que d’interrogations ! D’exclamations ! D’envies ! D’admiration ! De rêve ! Quand on parle des collèges confessionnels catholiques au Cameroun ; le florilège de qualificatifs n’en finit pas. Tout comme l’essaim de  questions qui, à la longue, deviennent récurrentes. Comment et pourquoi les collèges Jean Tabi, François Xavier Vogt, la Retraite, Jean XXIII d’Efok, Stinzi, Saint Benoit, Mazenod, Liberman, sont-ils les meilleurs établissements des enseignements secondaires au Cameroun ? Pourquoi occupent-ils toujours les meilleurs ou le premier rang ? Qu’est-ce qui fait leur force ? Les réponses sont claires et simples.

 La première force porte sur le choix pédagogique. « Nous mettons un accent particulier sur le profil de nos enseignants. La base qu’ils doivent avoir c’est le diplôme de l’école normale supérieure (ENS). Nous recrutons les professeurs des lycées de l’enseignement général (Pleg). Ils sont mieux outillés pour transmettre le savoir. Ils maitrisent la technique. Ils connaissent le programme et le maitrisent. Ce sont des techniciens de l’éducation. En sus des Pleg, il y a des inspecteurs pédagogiques. Ils ont de l’expérience. Ils savent concevoir des épreuves types examens. Et enfin, nous mettons un accent sur la moralité de l’enseignant. Il doit être muni d’une lettre de recommandation, d’une autorité morale reconnue, un curé, un imam », énumère-t-on au secrétariat de l’éducation catholique de Yaoundé.

Le deuxième point, c’est la rétribution. Dans les collèges catholiques de Yaoundé, l’horaire est payé entre 1200 et 1500 FCfa. En sus de cela, il y a des cours de soutien qui sont organisés et  dont le coût par élève est de 20.000 FCfa en moyenne. « Dans la salle où vous dispensez les cours de soutien, si vous avez 50 élèves ou même 25 élèves et qu’un élève paye 20.000 Fcfa, nous sommes à 500.000 et un million de FCfa. Ajouté à la somme de vos horaires, l’enveloppe, à la fin du mois est consistante. Il y a aussi le salaire de fonctionnaire que nous recevons à la fin du mois. En sommant le tout, on s’en sort bien », explique Gabriel T. inspecteur pédagogique.

Logé à la catégorie A2, son salaire de base est de 226.446 FCfa et les enseignants de la catégorie A1 sont à 219.538 FCfa Maillons essentiels dans la réussite des élèves des collèges catholiques au Cameroun, notamment à Yaoundé et à Douala, ces seigneurs de la craie sont souvent en surnombre dans les lycées, au point où les proviseurs ne les utilisent pas. « Quand on se retrouve avec 10 enseignants, parfois 15 pour la même matière, dans le même établissement, on ne peut tous les utiliser. Il y en a qu’on utilise beaucoup, les autres pas. Et ce sont ceux-là généralement qui sont recrutés dans les collèges », analyse un proviseur.

Le troisième point, la discipline. Elle est telle qu’à la moindre incartade, on renvoie l’élève. Les retards ne sont n’y tolérés, ni acceptés. Les élèves sont évalués constamment, deux  à fois le mois. Tous les élèves disposent des manuels scolaires. Les élèves connaissent le règlement intérieur par cœur. Les élèves sont donc astreints à la discipline.

Le quatrième point, l’encadrement familial. « Il est indispensable pour la réussite scolaire d’un enfant. Les élèves que nous recevons ont des parents qui font partie de la nouvelle élite intellectuelle. Médecins, enseignants d’universités, ingénieurs, jeunes cadres de l’armée. Ces parents mettent le paquet pour que leurs enfants fassent de bonnes études. Ils font un suivi rigoureux à la maison. Ils surveillent et aident à faire les devoirs à la maison. Ils participent à tout ce que l’établissement exige», éclaire un ancien principal du collège la Retraite.

Le cinquième point, c’est l’effectif. Dans les salles de classe, l’effectif est de 50 voire 60 élèves au maximum. « Avec un tel effectif, il est facile de suivre les élèves individuellement. Les copies sont faciles à corriger. Les élèves sont disciplinés. Ils suivent bien le cours», confie Martial O, enseignant. Tous ces cinq points mis ensemble, le résultat ne peut qu’être celui qu’ils ont : l’excellence !

Avec les cours qui reprennent dans deux semaines, les autres établissements pourraient en prendre de la graine.

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