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  • Yaoundé - Cameroun

A peine la création des universités d’Ebolowa, Garoua et Bertoua officialisée  par le président de la République Paul Biya, que la guerre des réseaux a commencé pour faire nommer certains candidats.  

Par Nadine Ndjomo

Chose promise, chose due. Moins d’une semaine après l’annonce de la création de trois universités d’Etat à Garoua, Bertoua et dans la région du Sud, par Paul Biya, président de la République du Cameroun,  ce dernier a tenu sa promesse. Le 5 janvier déjà, il a signé un décret, portant création des trois nouvelles universités d’Etat au Cameroun. La région du Sud, qui n’était pas fixée jusque-là, sur la ville où sera construite l’université, l’est déjà. Ce sera à Ebolowa. Et le lendemain, le 6 janvier 2022, le président Paul Biya a signé un autre décret, portant cette fois, organisation administrative et académique des trois nouvelles universités d’Etat au Cameroun. Il ne reste donc, plus, qu’une étape. Celle de nommer l’équipe dirigeante. Equipe chapeautée par un recteur.

Et c’est à ce niveau que tout se joue depuis quelques jours. A peine la création, l’organisation administrative et académique des universités officialisées, que « les CV de certains universitaires se baladent déjà dans les bureaux du ministère de l’Enseignement supérieur, à la Primature et au cabinet civil de la présidence de la République. Ça va très vite », susurre un habitué des couloirs de la présidence de la République, du Cameroun. De plus laisse-t-il entendre : « la nomination des recteurs va se jouer à  plusieurs niveaux. De nombreux éléments seront pris en compte. En plus du CV qui doit être inattaquable, il y a l’âge,  l’ethnie et la réputation des candidats qui seront pris en compte. Ils doivent avoir bonne presse et être lisses. C’est très important

Ce d’autant plus que le faiseur des rois, lui-même, est très taiseux et presque transparent. « Il parle peu. Il feint de ne, ni entendre, ni comprendre, encore moins de voir. Et pourtant, il est au courant de tout ce qui se passe », ajoute notre source, qui poursuit en soulignant le fait que  c’est aux candidats ayant le réseau le plus fort, le plus percutant que vont  revenir les rectorats. « Les vrais réseaux ne font pas de bruits. Ils sont discrets et très efficaces. Moins un nom est prononcé dans l’espace public, mieux c’est. L’idéal est même qu’on ne mise même pas sur un candidat. Le Lion aime surprendre, même si pour certains, les profils proposés semblent les bons, pour lui ce n’est pas toujours le cas. Il aime pêcher dans des eaux silencieuses et trouver la perle rare et inconnue», appuie notre source.

Vice-recteurs

Entre-temps, dans le milieu universitaire, les profils des nouveaux recteurs sont connus. Ne sont éligibles au poste de recteurs, que, des enseignants de rang magistral. Et ils sont nombreux au Cameroun. Certains font partie des 32 vice-recteurs que comptent les huit universités d’Etat actuellement fonctionnelles au Cameroun. Et les autres, non.

Les trois recteurs des universités d’Ebolowa, Garoua et Bertoua seront-ils choisis parmi les 32 que nous appelons les présélectionnés ? « C’est possible », répond sans ambages un recteur, qui a requis l’anonymat,  surtout que parmi les 32 profils, il y a ceux qui ont des parcours irréprochables. Mais cela suffira-t-il ? Rien n’est sûr !

 « Vu qu’il est également possible que ce ne soit pas seulement trois recteurs qui soient nommés. Plusieurs recteurs peuvent l’être. Car, il y a certains recteurs qui doivent déjà être en retraite depuis des années. Mais, ils sont toujours en fonction. En plus de ceux-là, il y a ceux qui doivent partir en retraite cette année et d’autres en 2023. Le décret présidentiel qui va donc nommer les recteurs de Garoua, Bertoua et Ebolowa, pourrait reconfigurer le visage des universités d’Etat au Cameroun. Du moins, c’est ce que nous souhaitons. Du sang neuf et du sang jeune ne feront du mal à personne, surtout pas à l’université. Au contraire», analyse l’universitaire.

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