Enseignants : les visages de la patience

2 Mar 2022 | TRAJECTOIRE | 0 commentaires

Jacques Eyana, Joseph Nawapoul, Hamidou, ils sont à l’image du combat que mène le mouvement OTS au Cameroun depuis le 21 février 2022.

Par Lititia Ngono et N.N

Jacques Eyana, enseignant non déclaré

Le débrayage lancé par le mouvement « on a trop supporté » est tombé à pic. Et Jacques Eyana, enseignant de Français au lycée de Goundaye, dans l’arrondissement de Taigon a saisi cette opportunité. Il a pris a pris le train de l’OTS en marche. Car, il se sent concerné par le combat que mène ce groupe d’enseignants indignés du Cameroun. Agé de 40 ans, il est sorti de l’école normale en 2012. Il a immédiatement été affecté à Goundaye. Pour avoir son matricule, il a dû attendre 5 ans. Ceci, après avoir effectué plusieurs « tours à Yaoundé ». Quant à l’intégration, c’est une autre histoire. Ses multiples « tours » au 2ème étage, porte 19 et 22, du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) et au ministère des Enseignements secondaires (Minesec), n’ont pas encore porté des fruits. Il attend encore. Comme on le lui a conseillé, dans les deux ministères cités supra. Mais jusqu’à quand ?

Joseph Nawapoul, une vie d’emprunts

«Trop c’est trop ». C’est avec la voix teintée d’angoisse, de frustration, d’amertume et de résignation que Joseph Nawapoul se confie. Le réseau téléphonique, qui fait des caprices, l’exaspère. Tant l’enseignant de physique chimie au Cetic de Mbang, localité située dans le département de la Kadey, région de l’Est Cameroun en a gros sur le cœur. « En plus de la physique et de la chimie que je dispense, j’enseigne les mathématiques. Car, il n’y a pas d’enseignants. Tous les collègues qui ont été affectés au Cetic, qui m’ont trouvé, sont intégrés. Moi je n’ai pas d’acte d’intégration. J’ai reçu deux matricules et tous les problèmes qui vont avec. J’ai essayé de me justifier en vain. Ça dure depuis 9 ans. », Explique-t-il. Une situation qui s’apparente à un véritable calvaire.

Hamidou, 10 ans de galère

 Hamidou est désormais un homme heureux. Né le 12 avril 1983 à Yaoundé. Il a suivi sa formation au centre National de la jeunesse et des sports de Garoua promotion 2009/2011 où il a obtenu son diplôme de maître d’éducation physique et sportive.

 Le 29 Août 2011, il prend service, en qualité de maîtres d’éducation physique et sportive, au grade de maître principal d’éducation physique et sportive (MPEPS) de 2ème classe 1er échelon (indice 335), catégorie B deuxième de la fonction publique.

enseignant, devenu agriculteur et éleveur pour survivre

Malgré son amour pour l’enseignement, Hamidou depuis son affectation le 05 Mars 2012 au lycée de Beka, n’a perçu aucun salaire jusqu’à date. Il enseignait sans acte d’intégration ; ni matricule. C’est le 21 février dernier pendant la grève des enseignants baptisé « on a trop supporté (OTS) », que son histoire très choquante et surtout émouvante a été révélée au grand public. Il raconte alors qu’il a pu survivre depuis tout ce temps grâce à l’agriculture et l’élevage. Ces deux activités qu’il pratique pendant ses heures perdues lui ont permis de nourrir sa femme et sa fille qui est encore à la Section d’Initiation au Langage (SIL). Convaincu qu’un jour il sera pris à la fonction publique, il ne cesse de déposer son dossier. Son dernier dépôt date du 14 février 2022.

L’espoir renait

Le ministre de la fonction publique Joseph LE indigné de la situation presque tragique que vit cet enseignant très dévoué, toujours présent à son poste malgré les tempêtes, a personnellement appelé le professeur d’EPS afin de s’enquérir de la situation. Il a donc félicité cet acte de bravoure de la part de Hamidou et a immédiatement fait transmettre son acte d’intégration à la délégation régionale du Nord, à Garoua où l’enseignant ira effectuer les signatures. Il a également promis de suivre personnellement son dossier au ministère des Finances.

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