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Source : Libération

 «J’ai vécu assez sereinement l’épreuve de philo. Je ne stressais pas trop, comme elle ne comptait pas vraiment [la meilleure des deux notes entre l’écrit et le contrôle continu sera retenue, ndlr]. Ça m’a même fait presque plaisir de passer cet écrit. J’aime bien cette matière, j’aime rédiger, j’y suis allée dans l’état d’esprit “je dis un peu ce que je veux, je ne me prends pas trop la tête”. J’ai opté pour le sujet “discuter, est-ce renoncer à la violence ?”. Comme il m’a plu, je suis restée quasiment quatre heures. Mais si je n’avais pas été inspirée, je serais certainement partie au bout d’une heure. Pour le grand oral, l’angoisse était en revanche plus importante. C’était pour de vrai, ça comptait. De plus, je ne savais pas trop à quoi m’attendre même s’il y avait eu des directives du ministère. On était un peu dans le flou.

«Je n’ai pour ma part pas été confrontée à des problèmes d’organisation pour cette épreuve orale, mais il y avait un candidat à côté de moi dont les profs n’étaient pas arrivés. La salle de l’examen était fermée, noire, et c’était l’heure de son passage. Mon épreuve était, pour ma part, à 10 h 30. Trois personnes étaient convoquées à la même heure. Ils nous font passer les uns après les autres. J’ai fait ma préparation au fond de la salle pendant que la première candidate passait son oral. Et quand c’était à mon tour, la dernière fille est entrée pour préparer son exposé au fond de la salle. Pour passer l’oral, ce n’est pas l’idéal d’avoir quelqu’un en plus qui nous regarde. Mais dans mon cas, c’était une fille de ma classe avec qui je ne m’entends pas très bien.

 «La question choisie était heureusement celle que j’avais la plus préparée, de ma spécialité SES : “Quel rôle assure l’école dans la mobilité sociale ?” On devait faire cinq minutes, j’en ai fait six minutes trente. C’était beaucoup trop long. Je n’ai même pas eu le temps de finir ma conclusion, les enseignants m’ont arrêtée. Je ne comprends pas comment on peut parler clairement, doucement, tout en faisant cinq minutes et en répondant à la question. C’est impossible, à moins de choisir un sujet extrêmement simple ou de ne pas l’approfondir.

«J’avais en jury un professeur de SES et une enseignante d’une autre matière que je ne connais pas. Quand on nous a donné les directives, on nous a dit qu’on aurait forcément un juré d’une de nos deux spécialités et que l’autre pouvait être même un professeur documentaliste ou un enseignant d’une toute autre matière. Je pense qu’il n’y avait pas assez de profs de spécialités pour faire passer tout le monde. Procéder ainsi n’a aucun intérêt et je trouve ça même dévalorisant pour le prof à côté. Il ne peut rien faire. Celle qui accompagnait le prof de SES m’a posé une question sur mes sources mais c’est tout.

 «Je pensais que j’allais être moins à l’aise que ça pendant mon exposé. Au final, cela s’est assez bien passé. Mais ne pas avoir pu finir ma conclusion m’a stressée. La pression est ensuite montée d’un cran pour les dix minutes de questions. L’exposé, on l’a préparé, on a nos phrases, c’est rassurant. Là, ils peuvent nous interroger sur tout et n’importe quoi. Mon prof est heureusement resté dans le thème que j’ai présenté mais était très exigeant. Il posait des questions très précises et assez compliquées. Il faut vraiment avoir bien révisé son thème. J’aurais pu approfondir davantage mes révisions, j’ai mis bien trop de temps à répondre sur certaines questions pourtant simples. Je n’aurais en revanche pas pu tout prévoir, il m’a cité des noms d’auteurs dont je n’avais jamais entendu parler, ni en cours ni ailleurs.

«J’avoue que je l’ai un peu pris cool, ce grand oral, car je savais que j’avais déjà mon bac d’avance. J’ai fait une simulation de résultats donc je savais que ça allait passer normalement. Comme j’ai eu une année sous pression, je voulais me préserver, préparer cette épreuve doucement. J’ai travaillé pour faire en sorte qu’il se passe plutôt bien mais je ne suis pas sûre d’avoir une note excellente. J’aurais dû mieux le préparer.»

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