La mupes : un mort-né

Cinq ans après la signature de cette convention avec Beneficial Insurance, on en parle plus.

Par Nadine Ndjomo

La Mutuelle des Personnels des Enseignements secondaires (Mupes) était considérée comme l’un des plus grands actes de Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, alors ministre des Enseignements secondaires au Cameroun. Signé le 24 mai 2017 à Yaoundé, la signature de convention de cette mutuelle, avait pour objectifs de: « mener dans l’intérêt des membres, des actions de prévoyance, de solidarité et d’entraide par la prévention des risques sociaux liés à ceux-ci et la réparation de leurs conséquences au moyen de prestations diverses ; la participation à la protection complémentaire des mutualistes en matière de santé notamment la consultation, l’hospitalisation, la pharmacie… »

Cinq ans après, les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Au Minesec, « on n’en parle plus. On n’en parle pas », susurre un chef-service. Dans les établissements secondaires, la réponse ne laisse pas d’équivoque : « la Mupes est morte dans l’œuf », tranche un délégué régional. 15 enseignants sur 15 interrogés sur leur appartenance ou non à la Mupes, ont tous répondu par la négative. « Avec la situation sociale, financière, des enseignants ? Des enseignants qui ne sont pas rétribués, ou le sont partiellement, ne peuvent pas souscrire à ce type d’initiative. Nous n’avons pas d’argent pour cotiser. La vie d’un enseignant au Cameroun est difficile », explique Romuald O, enseignant d’anglais.

Créée dans le but d’améliorer les conditions de vie des enseignants au Cameroun, la Mupes devait permettre aux enseignants de bénéficier de : la couverture maladie à hauteur de 300.000 FCfa par an, verser à des ayants droit d’un défunt, un capital 1,5 million FCfa représentant les frais funéraires, une cotisation mensuelle à 5000 FCfa et 5000 FCfa, comme frais d’adhésion.

Une initiative louable, qui n’a pas reçu l’assentiment des enseignants, enclins aux maux financiers.

Nadine Ndjomo

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