Logements universitaires : les prix vont de 10 à 35.000 FCfa

A proximité de l’université de Yaoundé I au Cameroun ; les quêtes des nouveaux bacheliers vont bon train.

Par   Albert Amougou et Rachel Ngono

Des postulants ! Il y en a, en nature et en nombre considérable à Yaoundé. Du haut de la joie et de la gaieté qui animent les nouveaux bacheliers, se greffe déjà l’équation de logements pour les étudiants. 

Dans les mini-cités construites autour du campus du plateau Atemengue, l’on observe des allers-retours en permanence.  Sur le terrain, des regards rivés vers les affiches d’agents immobiliers publiées le long des chaussées attirent l’attention des passants, majoritairement des jeunes.  Sur la rue 3 428, au lieu-dit carrefour Cradat, des numéros de téléphones abondent, ils sont suivis des prix des chambres et studios à louer, listés sur des pancartes. Sur ces tableaux noirs, les prix varient en fonction de la qualité et de la capacité du logement à pourvoir. Simples ou modernes, les taux vont de 10 000 FCFA à 35 000 FCFA.  Les appartements et les boutiques sont également sur la liste, mais les conditions d’acquisition n’ont pas été clairement indiquées.                           

Les informations sur les logements jonchent les rues du quartier estudiantin. Sur les murs comme sur des portes des maisons, la craie et la peinture font l’essentiel du premier secours. Sauf que la localisation de ces sites reste un pur mystère au milieu des visiteurs. En réalité, pour avoir accès à ces lieux de résidence, il faut passer par l’intermédiaire d’un agent immobilier. Ce dernier propose des visites conditionnées à des clients intéressés par les offres inscrites sur panneaux de publicités des chambres. Mais cette visite n’est pas anodine, la facture avec ce guide se règle en amont, avant la visite à 5000 FCfa. Le paiement se fait soit par dépôt mobile avec des frais de retrait additionnés sur les cinq mille francs, ou avec des billets verts ou de la monnaie en liquide… Il faut noter qu’aucune négociation n’est possible avec ces taux d’échanges de services, et la descente sur le terrain se fait après que la facture ait été réglée. 

Dans les couloirs des cités

La course aux logements n’est pas encore véritablement lancée pour les étudiants. L’on assiste plutôt à des déménagements massifs. Pour l’heure, le nombre de chambres libres est nettement plus élevé que celles qui sont occupées. Un certain monopsone dans ce marché à quelques semaines de la rentrée scolaire. Sur le terrain, tout est encore à négocier. Pour Mme Mbala, propriétaire de cité, « j’ai des chambres et un appartement qui sont libres pour le moment. Je n’ai pas de préférence pour choisir des clients. Tout le monde est le bienvenu chez nous. Mon contrat va d’un mois à x années.  Mon contrat de bail est de 35000 FCfa pour le studio tous les mois. La caution et la période de recouvrement d’un an ne sont pas exigées ici », explique-t-elle. L’ambiance est calme, le cadre est une concession familiale qui regorge aussi une église de réveil et un secrétariat.

Aux portes des chambres

Ce vent frais d’apaisement des conditions n’est pas universel au sein des cités parcourues à Ngoa Ekélé. Ces négociations de dame Mbala sortent plutôt du lot de la franchise et de la rudesse des négociations. Sur une trentaine de cités parcourues, les concierges et les bailleurs tiennent le même discours selon lequel « le loyer se paie sur un an additionné à une caution obligatoire qui varie de 30 000 à 50 000 en fonction du lieu de résidence sollicité », disent-ils.

Cette condition s’applique uniquement aux nouveaux locataires. Franck est étudiant en cycle master dans une école professionnelle de la place, il vit depuis trois ans dans sa cité et connaît les bons et les mauvais moments qu’il a traversé en ces lieux. « J’ai payé un an de loyer cash plus une caution de 30 000 Fcfa avant d’entrer en possession des clés de cette chambre. Mais depuis ma deuxième année, c’est par semestre que je gère le bailleur de mon secteur. J’ai parfois aussi payé après un trimestre une fois »,  raconte-t-il.

Pour l’heure, les portes restent fermées dans les cités. Seuls des étudiants en stage ravivent les voix de ces maisons, malgré des vagues de déménagement qui surviennent en permanence.

La caution, ces frais qui jouent le rôle de l’assurance préventive tant pour les locataires que pour les bailleurs, est exigée à la signature des premiers reçus, est aussi remboursable à la fin du contrat si l’état de la maison reste parfait. Dans le cas où des dommages sont constatés par le propriétaire de la chambre alors que le locataire a plié bagage, la caution permet de réparer à premier niveau le tort, et d’apprêter la maison pour un nouveau départ. Les cités sont disponibles, les affiches ont été multipliées, mais les occupants se font encore attendre à trois semaines de la rentrée des cours dans les universités.

Nadine Ndjomo

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