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  • Yaoundé - Cameroun

Scolarisation : les maux de l’inclusion au Cameroun

Actuellement, le pays compte 69 écoles pour 204 instituteurs formés.

Par Rose Nang

Depuis quelques jours, le renvoi d’un enfant handicapé moteur, d’une école privée située à Soa, fait jaser à Yaoundé. Accepté par l’école après une évaluation, les parents de l’adolescent devaient verser en plus des frais de scolarité, de transport, le matériel didactique, une somme de 25.000 FCfa « pour prendre soin de l’enfant de manière particulière, vu de son handicap ». Le problème, deux semaines seulement à peine le début des cours, l’enfant a été abandonné au sein de l’établissement, dans son fauteuil roulant. Et c’est sa mère qui est venue le chercher, après un appel d’un responsable de l’école.

En effet, la situation qu’a vécue le jeune adolescent n’est que la face visible de l’iceberg de la scolarisation des enfants handicapés au Cameroun. Car en sus du rejet dont ils font face de la part de la société, ces élèves particuliers souffrent également du déficit d’écoles adaptées pour leurs maux. D’après les différents ministères en charge de l’éducation au Cameroun, de Base et des Enseignements secondaires, avec celui des Affaires sociales, le pays compte 69 écoles inclusives.

Les plus réputées sont le centre de réhabilitation des personnes handicapées (Cnrph) à Etoug-Ebe, il y en a un autre au quartier Nkoldongo, Promhandicam, le club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun, au quartier Ekié, toujours à Yaoundé. Là-bas, 287 élèves sont scolarisés, 80 sont déficients auditifs, visuels, moteurs. Tous, suivent les cours ensemble. « on forme aussi des instituteurs pour qu’ils puissent maitriser des méthodes et encadrer les enfants handicapés. Une école normale d’instituteurs de l’enseignement général (Enieg) Louis braille a été créée à cet effet », explique Bertin Mowa, Directeur général du Cjarc.

204 instituteurs ont été formés aux maux les plus récurrents qu’on retrouve au Cameroun. Il s’agit des handicaps moteurs sévères, visuels, auditifs. Mais à date, « aucune école spécialisées pour des déficiences précises n’existe au Cameroun », apprend-on de Claude François Kamen, coordonnateur du center Cameroon Cluster programm. Les écoles qui existent font avec les moyens du bord et manquent de presque tout. « Nous n’avons pas assez d’enseignants pour encadrer les élèves déficients. Le matériel didactique n’est vraiment pas adapté à tous les maux. Le quart l’est.  Quant aux autres, nous faisons fabriquer des matériaux locaux pour enseigner, mais le résultat n’est pas toujours au rendez-vous », confie-t-on à Promhandicam. Car à chaque mal, des objectifs précis sont fixés et des résultats particuliers, attendus.

D’après l’Unesco 90% d’enfants handicapés au monde sont non scolarisés. Et pour cause, « il y a des déficiences qui ne permettent malheureusement pas à un élève de suivre une scolarisation normale, suivie », déclare le Dg du Cjarc. Conséquence, « les parents dont les enfants sont handicapés  et qui souhaitent les scolariser doivent se rapprocher des services sociaux de leurs villes du 15 au 30 août au plus tard, à l’effet de déposer les dossiers des enfants. Et ce sont les services sociaux qui sauront dans quelle école inscrire l’enfant. Le placement des enfants dépend de l’handicap de l’enfant. Les parents doivent se renseigner avant de prendre des initiatives », recommande-t-on au ministère des Affaires sociales.

Au niveau de l’OBC, les données chiffrées des candidats déficients, qui, malgré les conditions d’apprentissage et d’évaluation pas toujours favorables ont eu un taux de réussite de 55,81% au baccalauréat Esg. Pour 43 inscrits, il y a eu 23 admis. Au probatoire Esg, 72 inscrits pour 35 admis. Le taux de réussite est de 48,61%. Et pour le probatoire industriel, il y a eu 10 inscrits et un admis, soit 10%.  La scolarité des personnes handicapées est gratuite au Cameroun, d’après la loi N°2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées.

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