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Vacances scolaires: Le calvaire des enseignants du privé

Pendant presque 4 mois, ces derniers, non rémunérés, se transforment en gardiens de nuit ou vendeurs à la sauvette.

Par Mairama Damda

Pendant que les élèves voient les vacances comme un moment de repos, le personnel enseignant des établissements privés le vit comme le début d’une autre bataille quotidienne. Car, ils doivent subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Sous contrat pour  huit mois avec les différents établissements privés qui les emploient, ces vacataires sont contraints de prendre un congé non rétribués pendant trois mois (juin, juillet, août). « Quand les grandes vacances frappent à la porte, nous, enseignants du privé, sommes inquiets. C’est difficile pour nous. Car, nous n’avons pas d’argent. Du coup, nous sommes obligés d’exercer d’autres métiers », confie Myriam, institutrice.

Ce n’est qu’à partir de la fin du mois de septembre qu’ils recommencent à percevoir leur dû.  Et le doigt accusateur est pointé vers les promoteurs d’établissements. « Nous payons les enseignants avec les entrées que nous avons. Sans argent, il n’y a pas de salaires. S’il n’y a pas de frais de scolarité, il n’y a pas de salaires. C’est ainsi. Nous n’avons pas le choix. Nous sommes conscients du fait que c’est difficile. Nous le savons. Mais à l’impossible, nulle n’est tenue », tente d’expliquer  un promoteur de collège à Yaoundé. Ces arguments ne semblent pas convaincre ses seigneurs de la craie. « Les promoteurs disent qu’ils n’ont pas d’argent, mais ce sont eux qui roulent carrosse. Ils envoient leurs femmes et leurs enfants en Europe, pour les vacances. Leurs propres enfants ne sont pas scolarisés dans leurs établissements, ils fréquentent des écoles américaines, anglaises et françaises. Qui est fou dans ce cas ? », S’exclame  Romuald Wakam, enseignant de maths.

Pour ne pas sombrer dans les réflexions et se faire du mal, ces enseignants exercent d’autres métiers. « Pendant les vacances, je me transforme en vendeur à la sauvette. Je vends le café dans un pousse-pousse à travers la ville. Ma femme, qui est aussi institutrice comme moi, vends les vêtements pour enfants, au marché Mokolo à Yaoundé. Nous n’avons pas le choix. Il faut préparer la rentrée scolaire. Et pour cela, nous avons besoin d’argent », raconteWilfried Tekam, instituteur.

Pour lui, si les promoteurs d’établissements pouvaient prendre conscience qu’ils sont riches grâce à nos efforts, et que sans nous, ils ne peuvent et ne sont rien, « ils nous traiteraient mieux ».

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