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Afrique francophone : au primaire, les élèves ne savent pas lire

La solution serait de revaloriser les salaires des instituteurs, leur offrir des séminaires de recyclage et mettre à la disposition des élèves des manuels scolaires.

Par Nadine Ndjomo

Au Cameroun, le départ en congé pour le compte du premier trimestre est prévu pour le 17 décembre prochain. Dans les écoles primaires, l’heure est aux corrections des copies de la deuxième séquence. Ceci, bien que les cours se poursuivent. Le problème, d’après Eugène Koukam, instituteur à Bafoussam, en corrigeant les copies et en échangeant avec les élèves, « on se rend compte qu’ils ne savent pas lire. On a beau écrire le texte au tableau, les élèves écrivent autre chose. Et les réponses n’ont rien à voir avec la réalité. On dirait qu’ils écrivent en mandarin », se plaint l’instituteur.

Ce tableau, n’est pas l’apanage du Cameroun uniquement. Au Sénégal par exemple, d’après Mbaye Sarr, instituteur à Dakar, la situation n’est guère reluisante. « Plus de la moitié des élèves en classe de CP, de CE2 et de CM2 ne savent pas lire couramment dans la langue d’enseignement. Cette étude réalisée dans 56 circonscriptions scolaires, 180 écoles et dans 540 cours pour un total de 5 400 apprenants, fait constater que beaucoup reste à faire pour l’amélioration de la qualité. Les résultats globaux enregistrés à l’issue du test de mesure de performance des élèves en lecture affichent : 34,8% au CP, 51,71% au CE2 et 55,22% au CM2 », informe-t-il.

De plus, le rapport international du programme des systèmes éducatifs (Pasec 2019), rendu public le 21 décembre 2020, à Dakar au Sénégal, par le Confemen, confirme ce qui est : à la fin du primaire, plus de la moitié des élèves ne savent pas lire. C’est ainsi dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne francophone. Une évaluation réalisée en 2014 par le Confemen, qui portait sur le niveau de compétences des élèves en début et en fin de scolarité primaire,en langue d’enseignement et en mathématiques, a épinglé 10 pays (Bénin, Burkina, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal, Tchad et Togo).

En début de cycle, plus de 28 % des élèves n’ont pas atteint le niveau « suffisant » en mathématiques. En fin de cycle, près de 62% des élèves sont en dessous de ce seuil. A noter que les taux de réussite sont marqués par des disparités entre les pays et à l’intérieur des pays.  En début de cycle, plus de 55 % des élèves sont en dessous de la moyenne en langue. Ces élèves éprouvent des difficultés d’apprentissages relativement importantes dans le déchiffrage de l’écrit et la compréhension des mots, des phrases et des textes courts, ainsi que des messages oraux.

Parmi les pays présentant de bons résultats en fin de cycle, le Gabon se distingue en positionnant plus de 93% de ses élèves au-dessus du seuil « suffisant » de compétences. 

Les enseignants, principaux mise en cause, dans la quasi-totalité des pays, la majorité dénoncent leurs conditions de travail et leur condition salariale. Au Cameroun, « un instituteur a un salaire mensuel de près de 150 mille FCfa, toutes les primes comprises. Ils font partie de la catégorie 8 », apprend-on au ministère de l’Education de base. Au Sénégal, cette fourchette salariale va de 131 127 FCfa et 347 789 FCfa net par mois au début du contrat. Après 5 ans d’ancienneté, ce salaire est de 235 869 FCfa à 612 630 par mois pour une semaine de 40heures.

Pour résoudre cette situation qui commande l’urgence d’être résorbée urgemment, il faudrait d’une part, restaurer les salaires  comme le proposait le syndicat des enseignants du Tchad, le 5 octobre dernier à l’occasion de la journée mondiale de l’enseignant. Et d’autre part, d’offrir des séminaires de formations, des séminaires de recyclages pour qu’ils soient à jour, vu que la science est évolutive. Et enfin, mettre à la disposition des élèves des manuels scolaires et demander aux parents de jouer leur rôle d’encadrement en famille.

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