Enseignements secondaires : le circuit de la drogue dans les établissements

D’après enseignants et anciens revendeurs, elle est vendue par des mototaximans et commerçants situés à proximité de certaines écoles au Cameroun.

Par Nadine Ndjomo

Le 10 mai 2022, un élève a été tué par son camarade au lycée bilingue de Bafoussam. Cinq jours avant, c’est un élève du lycée technique d’Ebolowa, dans la région du Sud-Cameroun, qui s’est fait poignarder par son camarade. Une montée de violence qui, d’après des enseignants, est l’une des conséquences de la consommation des stupéfiants à l’intérieur et à l’extérieur des établissements par des élèves. « Les élèves viennent avec des drogues à l’école. Ils les consomment dans les toilettes et pendant les pauses. Et quand ils sont en rupture de stocks, ils s’approvisionnent près des établissements, chez des personnes les plus insoupçonnées », confie Rostand O, enseignant de mathématiques, à Douala.

Sont pointés du doigt, « les petits commerçants qui vendent du pain haricot, spaghetti, des fruits, des tenanciers des petites boutiques où on vend des friandises, salons de coiffure et surtout des mototaximans garés dans certains carrefours, situés à proximité des écoles. Ces derniers sont des principaux vecteurs de la vente des stupéfiants aux élèves », accuse  Lionel M., enseignant d’histoire dans un lycée du département du Mfoundi.

Des accusations rejetées en bloc par ces « fournisseurs ». « Nous ne vendons aucun stupéfiant. Les élèves qui en consomment viennent avec de chez eux. Nous vendons simplement de la nourriture », tentent de se dédouaner des petites commerçantes, situées en face du lycée de Ngoa-ekellé, à Yaoundé.

Une fois au sein des établissements l’élève fournisseur, donne le signal aux élèves-consommateurs. Les canaux de communication sont les couleurs de lacets qui sont de différentes, la manière de lasser les chaussures avec le nœud à l’envers, pointant vers les orteils, la couleur du mouchoir qui est tantôt de couleur rouge, tantôt mauve. Et les prix vont de 50 à 500 FCfa.  Ces prix sont également pratiqués chez les marchands du coin de la rue. Mais là-bas, les mots de passe pour s’acheter du cannabis, «rouler-rouler », tramadol, sont soit le « sommeil ou thé. Et la quantité est fonction du montant donné aux vendeurs », confie un ancien élève-fournisseur, aujourd’hui étudiant à l’université de Dschang, dans la région de l’Ouest Cameroun.

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