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Pr Victor-Emmanuel Bokalli : Ngaoundéré s’est révélée comme l’une des meilleures facultés de droit au Cameroun

ancien doyen de la Fsjp 97 de cette université (Adamaoua).

Propos recueillis par Bertrand Ayissi

Comment s’est fait votre retour au Cameroun, après un séjour en France ?

Je suis nommé doyen en n’ayant que sept ans d’ancienneté comme enseignant à l’université, rentré de France en 1990. Deux ans plus tard, j’étais assistant en 1992 et en 1997, je suis nommé doyen, après cinq ans seulement comme chargé de cours. Il fallait relever un grand défi, mon destin étant quelque peu mis en jeu. Beaucoup ne croyaient pas en moi. Surtout qu’on m’a pris au milieu d’un aréopage des anciens professeurs. Il fallait être à la hauteur de la tâche ; mes collaborateurs que j’ai trouvés et moi-même nous sommes mis au travail. Heureusement, les fruits ont commencé à porter. Ngaoundéré a commencé à se révéler comme étant l’une des meilleures facultés de droit au Cameroun.

Quelles stratégies avez-vous mises en place pour avoir ces bons résultats ?

Ce n’était pas facile que ceci s’impose. Les étudiants de l’université de Ngaoundéré avaient les meilleurs résultats dans les concours administratifs. Mais ceci ne suffisait pas. J’ai entendu d’aucuns dire que nous n’avions aucun mérite parce que l’Enam, l’école de police, etc., ce sont des nordistes. Je leur répondais d’abord que tous les nordistes ne sont pas seulement de la faculté de droit de Ngaoundéré, mais qu’ils sont aussi à Yaoundé, Douala, Dschang. D’autres ont voulu faire croire que l’accès est facile aux nordistes à ces concours. Mais je leur demandais de regarder le parcours à l’intérieur et à la sortie. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’effectivement, il se passait des choses à Ngaoundéré. D’ailleurs, certains collègues ont commencé à envoyer leurs enfants à Ngaoundéré. Notre secret, c’était la jeunesse, de point de vue. Yaoundé, c’était l’arbre qui cache la forêt. Ici, vous aviez tous les grands noms, tous les grands professeurs. Mais, ce que les gens ne savent pas, c’est que ces gens n’enseignaient plus. A peine, faisaient-ils une introduction qu’ils disparaissaient. L’effectif pléthorique faisait en sorte qu’il n’y avait pas de travaux dirigés.

Pour vous, la solution à ce problème était laquelle ?

Selon moi, dans notre domaine, autant on peut avoir beaucoup de connaissances, autant il faut savoir les restituer. Et la restitution s’apprend dans les séances de travaux dirigés. Et on avait mis un point d’honneur à Ngaoundéré, pour que les travaux dirigés soient très bien faits. 

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