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Recrutement des instituteurs: Le président du Cnjc dénonce le non-respect des quotas dans l’Adamaoua

Il a adressé une correspondance au Minedub pour lui signaler les magouilles autour de l’enrôlement de 300 enseignants dans la région.

par Bertrand Ayissi

« En réponse à notre correspondance adressée au chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, en date du 03 décembre 2020 à Ngaoundéré et relative au problème du manque d’enseignants en qualité et en quantité dans notre région, j’ai l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance, vous tenir informé des mauvaises pratiques qui sont en train de se tramer autour du recrutement des trois cent (300) enseignants dont la région de l’Adamaoua est en droit d’attendre dans le cadre du troisième programme de contractualisation au titre de l’exercice 2020. En effet, sur environ mille quatre cent quatre-vingt-quatorze (1494) instituteurs ayant concouru dans la Région de l’Adamaoua, nous estimons à 900, le nombre de fils de la Région. Soit environ cinq cent (500) candidats originaires d’autres régions du pays venus expressément dans cette région considérée moins scolarisée, donc propice à leur réussite, au détriment des instituteurs originaires de la région ». Au tout début de sa lettre au ministre de l’Education de Base, Yaya Soudi, président du bureau exécutif régional du Conseil national de la Jeunesse (Cnjc) dans l’Adamaoua, se montre incisif. Le président des jeunes de l’Adamaoua ne comprend que mal les tripatouillages qui se font autour de la 3e vague de contractualisation des instituteurs. « Toutefois, il est aussi à noter que certains enseignants originaires de la région de l’Adamaoua ont présenté le concours en dehors de leur région d’origine, mais sont comptabilisés ainsi dans le quota de 300 réservés à la région de l’Adamaoua », s’offusque-t-il.

Mais en appelant de tous ses vœux le respect scrupuleux du nombre de places réservées aux filles et fils de l’Adamaoua, Yaya Soudi invoque le « haut sens de l’équité » du ministre de l’Education de Base, « afin que la corruption et le favoritisme qui sont le plus souvent décriés lors des recrutements dans la Fonction publique de l’Etat ne viennent casser le rêve de ces jeunes qui représentent un espoir pour leurs familles ». Bien plus, rappelant que le système de la décentralisation bat désormais son plein au Cameroun, « sans verser dans la xénophobie, on s’attendrait logiquement que chaque postulant aille concourir et exercer dans sa région d’origine, afin d’éviter le phénomène d’abandon de poste ou d’affectation complaisante une fois le matricule obtenu ». Le président régional du Cnjc dans l’Adamaoua sera-t-il compris et écouté par le ministre ? La suite et la fin du troisième programme de contractualisation au titre de l’exercice 2020, pourront en dire plus.

Plaidoyer continu

Il faut relever que ce n’est pas la première fois que Yaya Soudi monte au créneau, portant les revendications des jeunes de l’Adamaoua. De fait, le 02 décembre 2020, accompagné des membres du bureau régional du Cnjc, ils avaient remis une correspondance au gouverneur de la région, à transmettre au président de la République. Dans leur plaidoyer constitué de sept points principaux, ces jeunes souhaitaient l’intervention présidentielle. Car après avoir estimé les habitants de l’Adamaoua à 1 309 666, répartis sur 63 701 Km, les jeunes alertaient alors que la région courait le risque de « rater le rendez-vous de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 en raison de certaines pesanteurs à même de plomber son décollage effectif ».

Le président de la République devait donc décréter la création de plus d’écoles primaires et maternelles, et des enseignants en nombre suffisant, qualitativement parlant. De fait, après un travail de collecte, les jeunes ont fait le constat que la région compte seulement 11 324 écoles pour 263 985 élèves au primaire et 12 759 à la maternelle. Tous ces derniers étant encadrés par 4 350 enseignants, soit 3 922 du primaire et 428 de la maternelle. Le besoin était de 402 enseignants du primaire et 123 de la maternelle. Des chiffres qui n’ont pas changé.

Dans une Adamaoua qui a mal à ses routes, avec un domaine de la santé « sous assistance respiratoire », en plus de divers autres projets structurants qui piétinent, les jeunes faisaient savoir au président de la République l’oisiveté dans laquelle ils plongent au quotidien. « Il ressort que la région de l’Adamaoua ne bénéficie pas pleinement des quotas de 5% de places qui lui reviennent de droit pour les concours et recrutements administratifs », dénonçaient-ils. Pour le moment, pour se faire une place au soleil dans la région, il faut s’investir pour un nombre non négligeable dans l’activité de mototaxi. Et la voie est ouverte à toutes tares

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