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Alain Christian Kingue : on arrime les programmes du Judo aux programmes scolaires

le président de la fédération camerounaise de judo (Fecajudo).

Propos recueillis par Nadine Ndjomo

Vous êtes le président de la fédération camerounaise de Judo. Vous encadrez une multitude d’athlètes, parmi lesquels des jeunes, des élèves. Quel est l’impact du sport notamment du judo dans l’éducation d’un élève ou d’un étudiant ?

Le Judo a un impact très important déjà sur plan de la diffusion de ses valeurs qui sont des valeurs positives,  des valeurs de rectitude  morale, des valeurs de souplesse tant d’esprit que de souplesse psychologique. Quand on parle de souplesse dans le judo, c’est être vraiment tolérant, être compréhensif et vraiment avoir l’esprit de discernement,  et être vraiment quelqu’un de bien pour la société de demain. Vous savez en terme d’études, en terme d’apport du judo pour les élèves il est question de permettre aux athlètes, aux différents adhérents d’être plus concentrés, d’être plus posés et de faire la part des choses, avoir de la rationalité. Le Judo c’est quelque chose d’important et vous savez le fondateur du Judo, Maitre Jigoro Kano était un professeur sorti de l’école normale au Japon qui a même été recteur d’une université donc, sur le plan de l’éducation même c’est quelque chose d’assez important.  Vous savez l’Unesco a déclaré le Judo meilleur sport pour canaliser les élèves, pour canaliser les étudiants.  En pratiquant le judo, vous aurez toujours un esprit saint dans un corps sain. Le Judo aide véritablement à canaliser les jeunes, à se concentrer et permet comme d’avoir du discernement. Il y a des conditions : avoir une tenue qui s’appelle le judogi qui coûte entre 10 et 20 mille en fonction de la qualité du judogi. Et puis il faut prendre une inscription en principe dans un club. Il y a des clubs qui font la promotion du Judo, on donne une petite contribution ou qui forment gratuitement dans le cadre des projets de développement ou de découverte. Les inscriptions varient en fonction des clubs et en fonction de leurs standings. Les coûts vont de 5 à 20 mille FCfa. Il y a aussi des mensualités qui vont de 2 à 3 mille, 10 mille, 15 mille, en fonction véritablement des différents clubs et des structures et de la qualité, de la capacité de formation des différents cadres techniques qui sont des objectifs même fixés par le club. Mais dans les projets de découverte, de développement il y a des programmes qui sont mis sur pied ou on donne des kimonos aux adhérents pour la découverte, aux étudiants, aux élèves et où ils essayent de faire plus ou moins l’entrainement de manière gratuite  afin de découvrir l’activité quitte à ce que ces derniers puissent y rester. Nous avons des projets aussi pendant les vacances qui permettent aux enfants de 7ans, en temps libre de découvrir le judo et d’adhérer aux clubs. A l’issue de ces programmes, ils sont référencés dans les différents clubs soit, dans leurs établissements soit dans les quartiers dans lesquels ils habitent afin de continuer dans l’activité.

Quelles sont les conditions à remplir pour qu’un élève qui souhaite intégrer une équipe de Judo?

Nous avons mis sur pied un programme au niveau de la fédération camerounaise de Judo, au niveau des différents clubs de Judo à l’école, la plupart des promoteurs commencent à aller vers les écoles, essayent de trouver des espaces pour avoir un créneau afin de pouvoir programmer des activités. Maintenant, il y a aussi des personnes qui ont vécus des expériences positives avec le Judo qui ramènent des élèves, des étudiants,  des cousins, des neveux dans les dojos, c’est-à-dire les salles d’entrainements  afin que ces derniers puissent aussi découvrir le Judo.

Comment concilie-t-on la pratique du Judo aux études ?

On essaie d’arrimer les programmes du Judo aux programmes scolaires, aux programmes des études.  Ce n’est pas incompatible, si  vous êtes bien organisés. On essaie de se donner un emploi de temps qui permet  de concilier le judo et les études.

Quid de ceux qui s’entrainent chez vous?

Pour ceux qui s’entraînent chez nous, déjà il y a une inscription à prendre, qui varie  entre 15 et 10 mille et tous les mois, il y a un montant de 10 mille FCfa à payer. Mais, nous avons aussi un programme pour ceux qui sont démunis, afin de les mélanger tous. Vous savez, notre activité n’est pas qu’une activité lucrative, c’est une activité de formation, de détection et de promotion du judo. Nous avons plusieurs personnes, donc les kimonos varient entre 10 et 40 mille en fonction de la qualité du kimono, de marque. Nous avons aussi un programme où nous donnons des kimonos gratuitement à ceux qui viennent découvrir le Judo ou à ceux qui n’ont pas assez de moyens pour pouvoir acheter. Voilà le mien par exemple, il existe depuis 1993, cela fait 28 ans. Nous essayons de joindre l’utile et l’agréable et de faire la part des choses. Il  y a aussi des conditions sanitaires à remplir. Il faut avoir une bonne santé, produire un certificat médical et ne pas être interdit d’activités physique et sportive, avoir  l’accord des parents pour les mineurs et puis être de très bonne moralité. Nous essayons de travailler sur le moral, le mental de nos athlètes. Nous ne voulons pas fabriquer des délinquants, nous fabriquons des hommes bien. Par la suite, il faut remplir une fiche d’inscription dans les différents clubs, prendre une licence fédérale et une assurance individuelle accident parce-que vous savez, avec ces activités physiques, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais, ce sont des conditions qui sont posées afin que tout le monde puisse adhérer aux activités du Judo.

Quels conseils pouvez-vous prodiguer aux élèves qui veulent devenir judokas et vivre de leur métier plus tard…

Déjà, le judo c’est un sport amateur donc, véritablement on ne peut pas vivre du judo en tant que compétiteur. On peut faire ce sport en marge d’autres activités. Moi je donne le conseil de faire une formation, de continuer dans ses études, d’avoir quand même un savoir faire parce-que au bout d’un certain temps on ne peut plus faire du judo en tant qu’athlète à un très haut niveau. On peut le faire pour le plaisir,  pour le loisir. Mais, ce que ce sport nous apporte sur le plan sanitaire, sur le plan psychologique, sur le plan moral, c’est quelque chose qui n’a pas de prix. Maintenant si vous voulez véritablement vivre du judo, il faut vous former comme entraîneur, comme moniteur, comme encadreur des jeunes et mettre sur pied une structure qui vous permette comme de joindre les deux bouts afin de pouvoir aussi encadrer et restituer ce qu’on vous a donné quand vous étiez jeune.  A partir de là, vous pourrez vivre de votre métier. Mais, il faut avoir une hygiène assez stricte et être très discipliné et savoir ce que vous voulez et véritablement mettre des protocoles sur pied qui permettent de développer votre infrastructure et votre structure qui permettent aux gens d’adhérer. Mettre sur pied une structure de qualité avec des équipements aux normes plus ou moins, je crois que vous pourrez vivre de votre art plus tard, après avoir arrêté la compétition, après avoir arrêté l’entraînement.

Est-il indispensable pour un sportif de faire des études pour réussir une reconversion professionnelle?

Oui! Les études vous savez sont indispensables. C’est la voie incontournable pour tout le monde qui veut réussir dans la société. Si maintenant vous n’avez pas un savoir faire, si vous n’avez pas une connaissance, si vous n’êtes pas intellectuellement callé dans la vie vous ne pouvez pas réussir.  Je vous garantis. C’est vrai qu’on peut être intelligent, mais il faut avoir un minimum de connaissances. Mais, quand on parle d’études, on ne parle pas seulement d’études en terme d’école, on peut aussi se former, mais se former pour savoir faire quelque chose.   Donc, il y a des formations, des études avec grand « E » sont indispensables pour se reconvertir dans le monde professionnel. Même étant manager de club, même étant entraîneur il faut quand même savoir tenir une fiche administrative, il faut savoir discuter avec les parents, discuter avec les différents adhérents, savoir faire les échanges, les relations publiques, savoir écrire au moins, savoir faire un peu de comptabilité, savoir organiser et mettre sur pied un programme. Il est nécessaire d’avoir un minimum de connaissances.

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