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Cameroun: Les coulisses des délibérations du Bepc

La moyenne arrêtée cette année est de 7.50/20.

Par Nadine Ndjomo

Les résultats aux différents examens officiels au Cameroun commencent à tomber.  En fin de semaine dernière, c’est avec joie  et regret que certains candidats ont reçu les résultats du brevet d’études du premier cycle (Bepc). « J’ai raté mon examen. Je n’arrive pas à y croire. Je suis certaine qu’il y a eu erreurs quelque part. J’avais de bonnes notes en classe. Et c’est impossible que je n’ai pas obtenu mon examen », se plaint Myriam, élève au lycée bilingue d’Ebolowa. Courroucés ses parents sont déterminés à voir clair dans cette affaire. « Notre fille a toujours eu de bonnes notes en classe. Elle n’était pas la meilleure, mais elle n’était non plus la dernière. Et le fait qu’on ne retrouve pas son nom sur les listes ne passe pas. Il y a eu erreur quelque part. On va découvrir ce qui s’est passé », promettent les parents de Myriam.  Les délibérations du Bepc et des examens relevant de l’office du baccalauréat du Cameroun (OBC), sont différentes.

Après les épreuves écrites du Bepc, il y a l’assemblage des copies, les jurys sont constitués, les copies sont corrigées, avec une correction type des différentes épreuves. « Ce sont les jurys qui prennent des décisions. Quand ils voient que les élèves ont mal travaillé et que par conséquent, les moyennes sont mauvaises, ils peuvent prendre une décision et proposer une moyenne générale qui puisse arranger tout le monde. Et quand cette moyenne ne convient pas à la hiérarchie, les délégués départementaux, de concert avec le délégué régional des enseignements secondaires font également des propositions. Si jusque là, la moyenne est basse, le ministre prend une décision », détaille Sylvain Abéga, inspecteur d’histoire à la retraite. C’est très hiérarchisée. Mais la décision que prend le ministre est tributaire de plusieurs facteurs dont la particularité des régions, les difficultés  auxquelles font face des élèves, le climat social. L’objectif in fine est qu’une région ne soit pas délaissée et que la moyenne générale soit harmonisée sur le plan national.

Pour l’année scolaire 2020/2021 par exemple, la moyenne de délibérations sur le plan national n’a pas atteint 8/20. « Depuis trois ans que j’assiste aux délibérations du Bepc, nous délibérons toujours à moins de 8/20. Nous ne sommes jamais descendus en dessous de 6/50.  Cette année, nous avons délibéré à 7.50. Certains enseignants voulaient qu’on descende jusqu’à 6/20. D’autres penchaient pour 7/20. Les autres étaient à 7/30. Et finalement, la moyenne de 7/50 a été arrêtée. Mais nombreux d’enseignants », confie un enseignant.

Ils sont nombreux, ces enseignants, ayant refusé de corriger les copies d’examens ; particulièrement du Bepc. « Je ne pouvais plus supporter autant de bassesse. On promeut la médiocrité à l’école. On encourage la faiblesse. Les enfants écrivent des sons. Et on vous demande de lui donner la moyenne, qui va lui permettre de réussir à l’examen. C’est grave. Les enfants évoluent sans niveau. Ils ont faibles. C’est désastreux. Et moi, je n’encourage pas cela. Je ne pouvais plus gober ce genre de choses. C’est la raison pour laquelle, je n’accepte plus de prendre au processus des délibérations des examens officiels au Cameroun. C’est terrible », raconte Ismael, enseignant.  Cette année, 218.465 élèves étaient candidats au Bepc au Cameroun.

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