L’inclusion :   un « frein » pour les candidats aux examens officiels ?

Malentendants, des candidats au Bepc, ont d’énormes difficultés à composer au Cameroun.

Par Nadine Ndjomo

La situation des élèves déficients auditifs, visuels, préoccupe au Cameroun. C’est un secret de polichinelle.  Et le combat, sans cesse, que mènent, des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations, comme Handicare, en est une illustration. Et les cas sont nombreux. Le dernier en date, est celui de six malentendants, candidats au brevet d’études du premier cycle (Bepc) à Ngaoundéré, dans l’Adamaoua. D’après Jean Blaise Noupeye Meulikwo, secrétaire général d’Handicare, qui encadre des enfants handicapés dans la ville de Ngaoundéré ; les six candidats qui ont composé le Bepc cette année, ne l’ont pas fait dans des conditions adéquates. « Il n’y avait pas d’interprète. Et c’était déjà le cas lors de la session 2021 », confie-t-il.

Pointé du doigt, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec), qui organise le Bepc, se dédouane en brandissant la mise en œuvre de l’inclusion. « Aujourd’hui on parle de l’éducation inclusive. L’enseignement de ces enfants se fait dans les mêmes salles que celles des enfants ordinaires. Vous comprenez qu’avec ça, il est difficile de mettre ces enfants dans des conditions exceptionnelles. On ne saurait non plus leur accorder plus de temps qu’aux autres candidats, car dans ce cas on ne parlera plus d’examen officiel. Que les gens ne trouvent pas des prétextes à l’échec de ces candidats. Car même les candidats ordinaires ont échoué l’année dernière », explique Mohamadou Nourroudini, sous-directeur des examens et concours à la délégation régionale des enseignements secondaires de l’Adamaoua. 

Or, pour des malvoyants, candidats au probatoire et baccalauréat, la situation est différente. « Ma fille est malvoyante. Candidate au baccalauréat, elle nous a dit qu’elle a bien composé. Toutes les conditions étaient réunies pour qu’elle soit à l’aise », témoigne Ruphine M., mère d’une future bachelière, malvoyante.  En effet, pour les candidats malvoyants, candidats aux examens officiels organisés par l’office du baccalauréat du Cameroun (OBC), « des traductions en braille sont faites par des traducteurs. Ce sont les mêmes épreuves que ceux des autres candidats . Les traducteurs ont une heure de temps pour traduire chaque épreuve. Du coup, si l’épreuve doit durer 2h, les candidats malvoyants, ont 3h, pour la même épreuve. Si l’épreuve, c’est une 1h, ils ont 2h », explique-t-on à l’Obc. Et pour corriger les copies, les traducteurs font à nouveau la retranscription du braille, en écriture simple.

Pour la session 2021, des candidats déficients, enregistrées par l’OBC affichent un taux de réussite de 55,81% au baccalauréat Esg. Pour 43 inscrits, il y a eu 23 admis. Au probatoire Esg, 72 inscrits pour 35 admis. Le taux de réussite est de 48,61%. Et pour le probatoire industriel, il y a eu 10 inscrits et un admis, soit 10%. A date, selon les différents ministères en charge de l’éducation au Cameroun, de Base et des Enseignements secondaires, avec celui des Affaires sociales, le pays compte 69 écoles inclusives.

L’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, (Unesco) estime à 90%, le pourcentage d’enfants handicapés au monde sont non scolarisés.

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