Cameroun : 35 éditeurs hors la loi

Ils ont été fichés par le Conseil National d’Agrément des manuels scolaires et des matériels Didactique (Cnamsmd) au ministère des Marchés publics.

Par Lititia Ngono

Au Cameroun, le non-respect des listes officielles des manuels scolaires agréés serait une violation au décret numéro 2017/11738/CAB du 23 novembre 2017. Ce texte du premier ministre qui prescrit uniquement l’usage des manuels agréés ne semble pas inquiéter certains éditeurs qui produisent des manuels scolaires de manière frauduleuse. Ceux-ci en collaboration avec des chefs d’établissements selon le Conseil Nationale d’Agrément des manuels scolaires et des matériels Didactique (Cnamsmd) opèreraient en toutes « illégalité ». Le 21 septembre dernier dans la salle de conférence dudit organe, Jean Pierre Komon, président du Cnamsmd a présidé une conférence de presse pour frapper le point sur la table afin de stopper la cacophonie qui est en train de gagner du terrain dans le système éducatif camerounais.  Il dénonce par ailleurs la grande implication de la sous-section anglophone dans ce désordre, car des chefs d’établissements travailleraient main dans la main avec ces éditeurs « véreux », sans toutefois respecter la liste imposée par le conseil national. « On constate que des parents sont soumis à l’achat des manuels qui n’ont rien à voir avec les listes officielles dont les contenus n’ont la maîtrise de personne, sauf de ces éditeurs véreux. Aujourd’hui c’est une catastrophe. Si on n’arrête pas ça tout de suite, c’est une catastrophe qui se prépare, chacun a ses livres, chacun a ses cahiers et chacun a ses text book », dénonce Jean Pierre Komon, président du Cnamsmd.

Sanctions

Pour le président du Cnamsmd, la récréation n’a que trop durée. Il est temps de sévir car l’éducation de nos enfants est en danger. A seulement trois semaines de la reprise des cours au Cameroun, 35 éditeurs ont été répertoriés et sont mis sur le banc des accusés. Leurs dossiers seront tout simplement rejetés lors des prochains appels à candidature pour les éditeurs, parce qu’ils sont déjà fichier. « Les 35 là, s’il y a encore un appel d’offre moi je ne reçois plus, moi je les exclus des appels d’offre, parce que c’est un marché public, comme vous pouvez le constater nous sommes en face du ministère des Marchés Publics. Lorsque la liste des éditeurs à répondre à l’appel d’offre est transférée au Ministère des Marchés Publics, et qu’on découvre qu’ils y figurent, on les écarte. C’est clair net », s’offusque Jean Pierre Komon. Même-si des sanctions sont envisagées à l’endroit de ces éditeurs sans foi ni lois, le conseil pointe par la même occasion un doigt accusateur sur les parents d’élèves pour leur silence complice. Car ils ne dénoncent pas l’usage de ces manuels scolaires non conformes mais, semblent se plaire de cette situation d’irrégularité.

Concernant les établissements qui ne respectent pas les listes officielles des manuels scolaires, leurs dossiers ont été transférés aux autorités compétentes, afin qu’ils appliquent les sanctions conformément à la loi en vigueur. « Différentes lettres ont été envoyées à certains établissements pour qu’ils se conforment et respectent la liste des manuels scolaires au programme. Ceux qui sont concernés ont une semaine pour répondre à l’appel à l’ordre. S’ils ne se conforment pas, les listes de tous ces établissements qui ne respectent pas cette liste ont été transmises au ministre secrétaire générale, puisque je dépends des services du premier ministre. Elles ont également été transmise à monsieur le ministre de l’Education de base, à madame le ministre des enseignements secondaires et à la Conac », conclut-il.

Nadine Ndjomo

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