Cameroun: les enseignants ne décolèrent pas

Encore engagés dans un débrayage, ils ne croient plus aux promesses du gouvernement.

Par Nadine Ndjomo

L’opération « craie morte », se poursuit dans certains lycées du Cameroun. En effet, depuis le 21 février 2022, ils sont nombreux, ces enseignants ayant répondu au débrayage annoncé par des syndicats de leur corporation.

Dans les missives adressées aux ministres en charge des Enseignements secondaires, au Premier ministre, au président de la République, ils disent leur colère, expliquent leur frustration, crient au désarroi et à la clochardisation des enseignants au Cameroun.

Et pour que cette situation prenne fin, les enseignants du secondaire  revendiquent : « le paiement des arriérés des 25.000 compléments de salaire et 90.000 avancements dans un bref délai (avec rappels y afférents) et selon un planning bien défini ; la prise en solde immédiate et complète des ECI ; le paiement immédiat des rappels de 2/3 des enseignants pris en solde en décembre 2018 et oubliés lors du paiement des rappels y afférents, le calcul de nos rappels de 1/3 sur la base de 67.000FCfa et non sur la base de 58.000FCfa, la suppression des taxes sur le calcul de nos rappels d’intégration car nous n’avons demandé à personne de garder notre argent pendant 03 ans, 04 ans, 05 ans, 06 ans, 07ans voire 08 ans pour certains de nos collègues et contre notre gré, la reprise en solde immédiate des enseignants suspendus de solde pour abandon de poste, pourtant affectés sans protection dans des zones de guerre (NOSO), la ré-automatisation du non logement dans les salaires des promotions allant de 2020 à 2022, la suppression pure, simple et définitive du système des 2/3 dans le paiement de nos salaires, l’automatisation des avancements des enseignants qui tarde à se faire ressentir. »

D’après nos sources, une réunion a eu lieu dans les services du Premier ministre à Yaoundé, le 18 février 2022. Présidée Séraphin Magloire Fouda, secrétaire général de la Primature, cette séance de travail a vu la présence de Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Nalova Lyonga, ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Boniface Bayaola, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Enseignement Secondaire chargé de l’enseignement normal (Seesen-Minesec), Fabien Nkot, secrétaire général du Minesec, Grégoire Owona ministre du Travail et de la Sécurité Sociale (Mintss), quatre membres du collectif « on a trop supporté », représentant les enseignants du secondaire. Les ministres des Finances, de la Fonction Publique et le délégué général à la sureté nationale conviés à cette séance de travail étaient absents, mais ils se sont faits représentés tout de même.

A l’issue de la réunion du 18 février 2022, instruction a été donnée au Minesec de tenir une séance de travail le 22 février 2022 avec les représentants des mouvements syndicaux à l’effet de : tabler sur la question du regroupement familial et d’autres sujets. D’après le communiqué signé de Nalova Lyonga, et les représentants des différents syndicats ; le 22 février 2022, la réunion a effectivement eu lieu. Et la ministre s’est engagée « à diligenter l’aboutissement de ce processus moyennant des solutions aux dysfonctionnements observées dans le passé ». Sauf que, malgré cette promesse, les cours n’ont toujours pas repris dans tous les lycées où le mot d’ordre de grève a été respecté. « Tout ce dont nous avons besoin, c’est que notre situation soit régularisée. S’il y a des milliards FCfa pour construire des stades et acheter des cylindrées, il devrait avoir quelques millions FCfa pour régler nos problèmes. Nous sommes fatigués des promesses. On n’en peut plus », explique, courroucé, Michel A, enseignant de mathématiques.

Nadine Ndjomo

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