Violences en milieu scolaire: enseignant, prêtre, parent et sociologue font des propositions

Comment mettre fin aux dérives qu’on observe dans les établissements scolaire au Cameroun.  

Par N.N

Dr Colette Djadeu Nguemedyam, enseignante.

« Encourager le regroupement familial »

Pour  résoudre ce problème, il faudrait faire ce que l’État a commencé à faire ces derniers temps, revoir et régulariser la prise en charge salariale et sociale. Je pense que l’effort est à faire autant du côté des familles avec leurs enfants dans l’éducation qu’on donne aux enfants parce que c’est d’abord la famille qui éduque l’enfant, l’école ne fait qu’accompagner. Il faudrait que le système camerounais encourage le regroupement familial, encourage les familles à donner la priorité à l’éducation des enfants pour que les enfants aient une bonne éducation et apprennent à respecter les aînés. Et d’autre part qu’on ait un système de valorisation des enseignants, de recrutement des enseignants formés à la pédagogie, qui connaissent la patience de la pédagogie parce que ce n’est pas une école facile.

Abbé Parfait Angoa Olomo, Prêtre.

« Que chacun fasse son travail »

L’enseignant est clochardisé dans bien des cas : la grève dernière soulevée par le mouvement OTS nous édifie davantage sur la question. Remettre l’autorité à l’enseignant afin qu’il fasse grandir les enfants sur tous les plans est urgent et capital. Le rôle éducatif des familles: en particulier le rapport éducatif entre parents et enfants. L’éducation débute à la maison. De plus en plus, les élèves sont également les parents. Ceci pose le problème de la maturité du parent d’aujourd’hui. De plus, nombreux sont les parents qui n’ont plus le temps d’élever et éduquer leurs enfants, du fait de la conjoncture économique et de la professionnalisation qui les gardent parfois très loin de leur progéniture. D’autres parents ont besoin eux-mêmes d’éducation, et ou de formation, du fait de leur incapacité à éduquer leurs enfants. C’est pourquoi la relation enseignants-enfants-parents doit reprendre du poil de la bête. Sans cette relation, la violence frappera toujours à nos portes. La compétence et la formation des enseignants en matière de relation éducative et de gestions des conflits. Les enseignants ont besoin de formations diverses pour leur permettre de faire face à la multitude de situations auxquelles ils font généralement face. La pédagogie seule ne suffit plus. La formation classique doit être autrement étoffée dans bien des domaines : socio-pédagogie, andragogie, anthropologie, psycho-pédagogie.

L’Éducation Catholique propose une éducation intégrale c’est-à-dire une éducation qui est à la fois: -physique: culture de l’effort par la promotion du sport et activités physiques telles que le Travail manuel.-intellectuelle: elle donne tous les savoirs: être, avoir, faire, vivre. -spirituelle: La spiritualité tient une place de choix en donnant naissance à la foi, en entretenant cette foi qui donne l’espérance et qui se vit dans la charité -humaine: l’éduqué vit dans une société dont il doit connaître les règles. Il convient ici d’en faire un citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs.

C’est ainsi qu’on peut juguler la violence. Il s’agit pour chacun de remplir sa part de ce contrat social qui est la participation de tous et de chacun, à la construction d’un pays en Paix, à des niveaux de responsabilité différents. Que chacun fasse sa part de travail.

Olivier Ndema Epoh, parent.

«Revoir l’âge d’entrée dans les écoles normales»

Venir à bout des violences scolaires ne se fera avec une baguette magique, c’est à dire en une seconde. Pour en arriver là il a fallu du temps. Aujourd’hui il faut rééduquer la société entière. Ceci passe par le fait de se passer de choses devenues essentielles, comme le téléphone et internet dans un premier temps. Notre système d’enseignement les intègre déjà, d’où la complexité de l’opération. Il faut également revoir l’âge d’entrée dans les Écoles Normales. Il en effet imprudent que nos Enseignants soient si jeunes (les élèves ne les respectent pas). Il faut une pour réglementation plus forte autour des débits de boisson  (interdit  aux élèves), et la vente des cigarettes. Interdire les débits de boisson a proximité des établissements scolaires. Institution d’une police scolaire afin de lutter contre la délinquance scolaire.

Magloire Nissimaissou, sociologue.

« Redorer les conditions de travail de l’enseignant »

Pour juguler cette crise de comportement chez les jeunes, il y a deux choses à faire : sur le court terme, il faut revenir à une discipline de rigueur. À moyen ou à long terme, il faut redorer les conditions de travail et l’image de l’enseignant.

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